Said Benfali
by on April 27, 2019
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Au lendemain d’un discours offensif, jugé menaçant à l’égard de l’opposition, Ahmed Gaid Salah a adopté, ce mercredi 24 avril, un ton plus nuancé dans une nouvelle intervention. Le chef de l’armée se dit désormais prêt à « (approuver) toute proposition constructive et initiative utile allant dans le sens du dénouement de la crise et menant le pays vers la paix ».

« Nous réitérons également que l’Armée nationale populaire demeurera engagée à préserver les nombreux acquis et réalisations de la nation, ainsi que l’accompagnement du peuple et de ses institutions à travers la mise en œuvre des solutions possibles, tout en approuvant toute proposition constructive et initiative utile allant dans le sens du dénouement de la crise et menant le pays vers la paix », a-t-il déclaré lors d’un nouveau discours. Ce mercredi, Gaid Salah n’a pas clairement évoqué la prochaine élection présidentielle.

« L’alignement de l’Armée nationale populaire aux côtés du peuple afin d’atteindre ses objectifs visant à opérer le changement escompté et sa mobilisation continue pour accompagner les Algériens dans leurs marches pacifiques et leur sécurisation, découle de la cohésion et de la concordance dans les visions et la démarche empruntée, entre le peuple et son armée », a poursuivi le chef d’état-major de l’armée, affirmant que les services de sécurité ont protégé les manifestations pacifiques.

« Face à ces plans qui tendent à semer les graines de la discorde et de la sédition entre les Algériens et leur armée, l’Armée nationale populaire continue à leur faire face, conformément aux dispositions de la Constitution et des lois républicaines. Ce qui atteste de la réussite des unités de sécurité, en charge du maintien de l’ordre, à déjouer les diverses tentatives visant à semer la terreur et l’anarchie et troubler l’ambiance calme et sereine caractérisant les marches citoyennes. Ceci a été confirmé par l’interpellation, au courant de la fin de la semaine passée, d’individus en possession d’armes à feu, d’armes blanches et de grenades lacrymogènes, ainsi qu’une grande quantité de psychotropes et des moyens de communication », a-t-il affirmé.

Dans son discours, Ahmed Gaid Salah apporte les garanties de l’armée à la justice dans la lutte contre la corruption. « J’ai appelé l’appareil de la justice, dans mes interventions précédentes, à accélérer la cadence des poursuites judiciaires concernant les affaires de corruption et de dilapidation des deniers publics et de juger tous ceux qui ont pillé l’argent du peuple. Dans ce contexte, précisément, je valorise la réponse de la justice quant à cet appel qui représente un volet important des revendications légitimes des algériens. Je rappelle également que le Commandement de l’Armée Nationale Populaire offre des garanties suffisantes aux services judiciaires pour poursuivre avec détermination et en toute liberté, sans aucune contrainte ni pression, le jugement de ces corrupteurs, ces dispositions permettront ainsi de rassurer le peuple que son argent pillé sera récupéré par la force de la loi et avec la rigueur requise », a-t-il affirmé.

Source : TSA-Algérie

 

POST-SCRIPTUM

Vigilance

L'éditorial de Liberté quotidien appartenant à Issaad Rebrab s'achève par cette phrase : "Il faut être frappé de cécité politique pour ne pas voir que nous assistons à une riposte du système qui, au-delà d’Issad Rebrab, vise à saper le mouvement populaire du 22 février". Le parquet a sans doute utilisé des irrégularité plausibles probablement secondaires dans la gestion des conglomérat familiaux Rebrab et Kouhinef. "On leur a sorti les dossiers" dit la vox populi.

Depuis le 22 février 2019, le blogueur compte avec délectation les gens descendus de leur piédestal. Généraux, maîtres espions, patrons de médias publics, Pdg de Sonatrach, oligarques liés au DRS-Canal Historique  ou au groupe de Saïd Bouteflika, les deux clans qui  ont conclu une alliance factieuse  pour utiliser Abdelaziz Bouteflika pendant une "transition". Puis après le rejet populaire de leurs deux feuilles de route successives, ils sont unis contre  l'intervention politique de l'ANP aux côtés du Hirak pour dénouer la crise.

Intervention provisoire souhaitée par le peuple, compte tenu de l'état d'ectoplasmes auquel "le système" a réduit les autres institutions. Intervention souhaitée avec vigilance, compte tenu du risque pour la souveraineté populaire que recèle inévitablement l'emprise  des militaires sur la vie politique et sociale.

Topics: algeria
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